Récit · Grèce

Les douze travaux d'Héraclès

Apollodore, Bibliothèque II, 5

Les douze travaux disent qu’aucune faute n’est sans rachat : à force de peine, de courage et d’intelligence — car quand la force ne suffit plus, il faut changer de méthode —, Héraclès franchit une à une les épreuves, jusqu’à passer du côté des dieux.

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Le héros aux douze travaux

Héraclès est le fils de Zeus et d’une mortelle. Dès le berceau, il étouffe de ses mains deux serpents envoyés pour le perdre, tant sa force est grande. Mais la déesse Héra, jalouse, le poursuit toute sa vie de sa colère. Un jour, frappé d’une folie, il commet un grand malheur. Pour s’en racheter, l’oracle lui ordonne de servir le roi Eurysthée et d’accomplir douze travaux presque impossibles. Un par un, il va les affronter.

Le lion de Némée

Le premier travail est un lion gigantesque qui terrorise la région de Némée. Sa peau est si dure qu’aucune flèche ni aucune lance ne peut la transpercer. Héraclès essaie ses armes : elles ne servent à rien. Alors il change de méthode. Il coince le fauve dans sa tanière et l’affronte à mains nues, l’étouffant par la seule force de ses bras. Ne pouvant couper cette peau, il utilise les propres griffes du lion pour la détacher. Il s’en fait une cape qui le protège de tout.

L’Hydre de Lerne

Le deuxième travail est un serpent d’eau extraordinaire, l’Hydre, qui vit dans les marais de Lerne. Elle possède plusieurs têtes, et dès qu’on en coupe une, deux autres repoussent aussitôt. Plus Héraclès frappe, plus la bête semble forte. Il comprend qu’il faut ruser. Avec l’aide de son neveu Iolaos, il brûle chaque blessure aussitôt tranchée, pour empêcher les têtes de repousser. Il enferme enfin la dernière tête, immortelle, sous un énorme rocher. Le marais redevient sûr.

La biche et le sanglier

Les deux travaux suivants ne demandent pas de tuer, mais de capturer vivant. D’abord la biche de Cérynie, une bête aux cornes d’or, plus rapide que tout. Héraclès la poursuit une année entière, sans jamais la blesser, avant de la saisir doucement. Ensuite le sanglier d’Érymanthe, un monstre énorme. Le héros le pousse dans la neige épaisse des sommets, où la bête s’enfonce et ne peut plus courir. Il le ligote et le rapporte sur ses épaules, à la grande frayeur du roi Eurysthée.

Les écuries et les oiseaux

Vient ensuite un travail sans gloire : nettoyer en un seul jour les écuries immenses du roi Augias, croulant sous le fumier. Impossible à la main ! Alors Héraclès a une idée : il détourne deux fleuves voisins et fait couler leurs eaux à travers les écuries, lavées en quelques heures. Puis il doit chasser les oiseaux du Stymphale, aux plumes de bronze. La déesse Athéna lui donne des cymbales : leur fracas effraie les oiseaux, qui s’envolent, et le héros les abat de ses flèches.

Le taureau et les cavales

Les travaux mènent maintenant Héraclès plus loin, contre des bêtes furieuses. En Crète, il maîtrise à mains nues un taureau splendide devenu fou, qui ravageait l’île, et le rapporte vivant. Puis il part en Thrace, chez un roi cruel, Diomède, qui nourrit ses juments avec la chair des voyageurs. Héraclès s’empare de ces cavales sauvages. Le roi le poursuit pour les reprendre, mais le héros le vainc. Une fois les bêtes calmées, il peut les ramener sans danger.

La ceinture d’Hippolyte

Le neuvième travail conduit Héraclès chez les Amazones, un peuple de femmes guerrières. Leur reine, Hippolyte, porte une magnifique ceinture, que réclame la fille du roi Eurysthée. À la grande surprise du héros, Hippolyte l’accueille bien et accepte de la lui donner. Mais Héra, toujours jalouse, se déguise en Amazone et fait croire qu’Héraclès veut enlever leur reine. Les guerrières attaquent, et ce qui devait être paisible tourne au combat. Le héros repart avec la ceinture.

Les bœufs de Géryon

Le dixième travail mène Héraclès au bout du monde connu, tout à l’ouest, là où le soleil se couche. Là vit Géryon, un géant à trois corps réunis à la taille, qui garde un immense troupeau de bœufs rouges. Le voyage est très long. Accablé par la chaleur, Héraclès menace même le Soleil de ses flèches, et le dieu, admiratif, lui prête sa coupe d’or pour traverser l’Océan. Enfin, il abat le géant et rassemble le troupeau pour le grand retour.

Les pommes des Hespérides

Le onzième travail est de rapporter des pommes d’or, qui poussent dans un jardin merveilleux à l’extrême ouest, gardées par un dragon qui ne dort jamais. Mais Héraclès ne connaît pas le chemin. Il finit par arriver près du géant Atlas, condamné à porter le ciel sur ses épaules. Le héros lui propose de tenir le ciel à sa place pendant qu’Atlas va cueillir les pommes. Le géant revient, mais ne veut plus reprendre son fardeau. Par une ruse, Héraclès l’y remet et repart avec les fruits.

Cerbère, le chien des Enfers

Le douzième et dernier travail est le plus terrible : descendre au royaume des morts et en ramener Cerbère, l’énorme chien à trois têtes qui en garde la porte. Cerbère laisse entrer les âmes, mais ne les laisse jamais ressortir. Avec l’accord du dieu Hadès, Héraclès maîtrise le monstre à mains nues, le montre au monde des vivants, puis, fidèle, le ramène à son poste. Ce dernier exploit l’a conduit là où presque personne ne revient : au-delà de la mort.

Le bûcher et l’apothéose

Les douze travaux sont accomplis, mais la vie d’Héraclès finit dans la douleur. Une tunique empoisonnée le brûle de l’intérieur, et aucun remède ne le soulage. Comprenant qu’il ne guérira pas, le héros choisit lui-même sa fin. Il gravit une montagne, y fait dresser un grand bûcher et s’y allonge avec calme. Les flammes consument son corps mortel. Mais tout ne meurt pas : Zeus, son père, l’élève parmi les dieux de l’Olympe. Le plus grand des héros devient enfin un dieu.

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