Récit · Monde arthurien
La Mort le roi Artu
La Mort le roi Artu (cycle Lancelot-Graal, v. 1230)
La fin du royaume ne vient ni d’un monstre ni d’une armée : elle vient des amitiés brisées et des fautes que chacun cache, et le plus beau des règnes s’écroule de l’intérieur.
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Les sièges vides
La quête du Graal est finie. Ceux qui reviennent à Camelot sont bien moins nombreux qu’au départ : la Table ronde compte désormais des places vides, et le roi Arthur les regarde chaque jour. Galaad est mort après avoir vu le Graal, Perceval aussi. Il faut réapprendre à vivre sans grande aventure. Les tournois reprennent, la cour refait ses fêtes. Et Lancelot, qui avait juré de renoncer, retourne peu à peu auprès de la reine Guenièvre.
La demoiselle d’Escalot
Un grand tournoi est annoncé. Lancelot veut y aller sans être reconnu et loge en chemin chez un seigneur, dont la fille tombe amoureuse de lui. Elle lui demande de porter sa manche au tournoi ; il accepte, pour mieux se déguiser. Le voir porter les couleurs d’une autre bouleverse la reine. Lancelot revient blessé et disparaît longtemps. Pendant ce temps, la demoiselle d’Escalot se laisse mourir de chagrin, et l’on voit descendre la rivière une barque portant son corps.
Les peintures de Morgane
Une chasse égare le roi Arthur loin de sa cour. Il est recueilli dans un château qui appartient à sa demi-sœur Morgane, qu’il n’a pas vue depuis des années. Elle le retient et lui fait visiter une chambre étrange, entièrement peinte : ce sont des images faites autrefois par Lancelot, prisonnier chez elle, et elles racontent son amour pour la reine, année après année. Arthur regarde longtemps. Puis il comprend, et ce qu’il refusait d’entendre devient impossible à nier.
Le piège d’Agravain
À la cour, Agravain, frère de Gauvain, veut à tout prix que l’affaire éclate. Il en parle au roi devant témoins, et Mordred le soutient. Gauvain, lui, refuse d’écouter et quitte la salle. On tend alors un piège : une nuit, des chevaliers armés cernent la chambre de la reine où se trouve Lancelot. Il n’a pas ses armes, mais il se défend, tue Agravain et s’échappe. Guenièvre reste seule, prise, et le roi la condamne au bûcher.
Le bûcher et la faute
Lancelot revient au galop avec ses hommes et enlève la reine au milieu de la place. Mais dans la mêlée, sans les voir, il tue deux frères de Gauvain, dont Gaheriet, qui n’étaient même pas armés : ils gardaient le bûcher parce que le roi le leur avait ordonné. Jusque-là, Gauvain refusait la guerre. Quand il apprend la mort de son frère, il se jure de poursuivre Lancelot jusqu’à ce que l’un des deux meure. L’amitié qui tenait le royaume vient de se rompre.
La guerre des amis
Arthur assiège la Joyeuse Garde, où Lancelot s’est enfermé avec la reine. Lancelot refuse de frapper son roi ; il le désarçonne un jour et lui rend aussitôt son cheval. Le pape finit par imposer une paix : la reine retourne auprès d’Arthur, et Lancelot part au-delà de la mer, dans ses terres. Mais Gauvain ne désarme pas. Il pousse Arthur à traverser la mer pour l’assiéger là-bas, et le roi emmène presque toute sa chevalerie hors de l’île.
La trahison de Mordred
Mordred profite de l’absence du roi. Il fait répandre une fausse lettre annonçant qu’Arthur est mort au combat, se fait couronner, et veut épouser la reine. Guenièvre refuse et s’enferme dans une tour de Londres avec ses fidèles, où elle soutient un siège. La nouvelle traverse la mer. En Gaule, sous les murs de Lancelot, Gauvain vient d’être blessé à la tête dans un duel qu’il a voulu. Arthur lève le siège et rentre.
La plaine de Salesbières
Le débarquement est un carnage, et Gauvain y meurt de sa blessure rouverte. Avant de mourir, il écrit à Lancelot pour lui demander pardon et le supplier de venir. Puis les deux armées se retrouvent dans la plaine de Salesbières. On avait prévenu Arthur de ne pas y livrer bataille ; il y va quand même. Presque tous les chevaliers meurent, des deux côtés. À la fin du jour, Arthur aperçoit Mordred et court sur lui. Il le transperce ; Mordred, en tombant, lui fend le casque.
L’épée rendue à l’eau
Le roi respire encore. Il se fait porter au bord d’un lac et demande à son dernier chevalier de jeter Excalibur dans l’eau, puis de lui dire ce qu’il aura vu. Deux fois, le chevalier cache l’épée et revient mentir : il n’a rien vu. Deux fois, Arthur comprend et le renvoie. La troisième fois, il obéit. Une main sort de l’eau, saisit l’épée, la brandit trois fois et l’emporte sous la surface. Le règne est fini.
La barque d’Avalon
Arthur renvoie son dernier chevalier et lui ordonne de partir sans se retourner. L’homme désobéit et regarde de loin : une barque approche sur le lac, pleine de dames, et parmi elles Morgane, la sœur du roi. Elles emportent Arthur. Plus tard, le chevalier trouve dans une chapelle une tombe neuve, portant le nom du roi. Les Bretons, eux, refusent d’y croire : ils disent qu’Arthur est à Avalon, qu’il y guérit, et qu’il reviendra.
Les fiches de ce récit
- La Table rondeLa table de l'égalité des chevaliers
- LancelotLe meilleur chevalier de la Table ronde
- GuenièvreLa reine, épouse d'Arthur
- MorganeLa fée, demi-sœur d'Arthur
- GauvainLe neveu d'Arthur, chevalier courtois
- MordredLe traître, fléau du royaume d'Arthur
- ArthurLe roi légendaire des Bretons
- ExcaliburL'épée magique du roi Arthur
- BédivèreLe chevalier qui rend Excalibur
- AvalonL'île des fées où repose Arthur