Récit · Rome
Hercule à Rome
Virgile, Énéide VIII ; Tite-Live I, 7
Hercule à Rome raconte comment le plus fort des héros grecs, en délivrant d'un monstre le sol des futurs Romains, y laissa un autel et un culte : bien avant la ville, la Grèce et ses héros s'inscrivaient déjà dans la terre de Rome.
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Hercule au bord du Tibre
Hercule est le héros le plus fort du monde : c'est le même que le grec Héraclès, celui des douze travaux. De retour d'un très long voyage, il ramenait un troupeau de bœufs magnifiques, conquis tout à l'ouest. En traversant l'Italie, il fit halte au bord du fleuve Tibre, à l'endroit même où s'élèverait un jour Rome — mais où il n'y avait encore que des collines sauvages. Fatigué, il laissa paître ses bêtes et s'endormit dans l'herbe, sans se douter du danger tout proche.
Cacus, le monstre du Palatin
Non loin de là, dans une caverne sombre, vivait un monstre effrayant : Cacus, fils du dieu du feu Vulcain. Il crachait des flammes et de la fumée, et jonchait son antre des ossements de ses victimes. Toute la contrée le craignait. Du fond de sa grotte, Cacus aperçut le troupeau splendide d'Hercule endormi. Ses beaux bœufs firent naître en lui une idée de voleur. Il attendit la nuit, quand le héros dormirait profondément, pour s'approcher sans bruit et dérober quelques bêtes.
Le vol à reculons
Pendant qu'Hercule dormait, Cacus s'approcha du troupeau et choisit plusieurs des plus belles bêtes. Mais c'était un voleur rusé : au lieu de les mener droit à sa caverne, il les tira par la queue, à reculons. Ainsi, les traces des sabots semblaient s'éloigner de la grotte au lieu d'y conduire. Cacus se croyait bien malin. À son réveil, Hercule compta son troupeau et vit qu'il manquait des bêtes. Il chercha partout, mais les empreintes trompeuses le menaient dans la mauvaise direction.
Les bœufs qui trahissent
Au moment où Hercule repartait avec le reste du troupeau, l'un de ses bœufs se mit à mugir. Aussitôt, du fond de la caverne, une bête cachée lui répondit ! Hercule comprit tout : le voleur était là. Furieux, il courut à la grotte. Cacus s'y enferma en crachant des flammes, mais rien n'arrêta le héros : il arracha le sommet du rocher, força l'entrée et étouffa le monstre de ses bras puissants. Ainsi toute la contrée fut enfin délivrée de la terreur qui la hantait.
Évandre, le roi accueillant
Sur ces collines vivait déjà un roi venu de Grèce, d'Arcadie : Évandre. Il avait fondé une petite cité sur le Palatin, bien avant la naissance de Rome, et gouvernait avec sagesse. Quand Hercule eut tué le monstre Cacus, Évandre reconnut en lui un héros et l'accueillit avec honneur. Reconnaissant d'être délivré, il voulut que cette victoire ne fût jamais oubliée. Bien plus tard, ce même roi hospitalier recevrait un autre voyageur célèbre, le prince troyen Énée, et lui offrirait son aide.
L'Ara Maxima, le Grand Autel
Pour remercier Hercule, le roi Évandre fit dresser un grand autel : l'Ara Maxima, le « Grand Autel ». Il s'élevait au bord du Tibre, au marché aux bœufs, tout près de l'endroit du combat. C'est là le plus ancien lieu où l'on pria Hercule dans la ville future. Des siècles durant, les Romains y offrirent des sacrifices et y prêtèrent leurs serments, car jurer devant l'autel d'Hercule engageait fortement. Ainsi un héros grec devint, au cœur de Rome, un dieu très aimé, dont l'autel gardait la mémoire.
Les fiches de ce récit
- HerculeLe héros aux douze travaux, honoré à Rome
- CacusLe monstre voleur du Palatin
- ÉvandreLe roi arcadien du Palatin
- L'Ara MaximaLe Grand Autel d'Hercule à Rome