Récit · Monde celte

Culhwch et Olwen

Culhwch ac Olwen, dans les Mabinogion

Un jeune homme promet l'impossible et ne l'accomplit presque jamais lui-même : ce conte dit qu'on ne tient une parole démesurée qu'à plusieurs, et que le monde ancien cède la place non par la force, mais parce que son temps est écoulé.

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L'enfant trouvé chez les porcs

Le roi Cilydd épousa Goleuddydd, et longtemps ils n'eurent pas d'enfant. Quand enfin l'enfant s'annonça, la reine s'égara loin des maisons. C'est près d'un troupeau gardé par un porcher qu'elle accoucha, saisie de frayeur. Le porcher porta le nouveau-né au palais : on l'appela Culhwch, du nom de la soue où il avait été trouvé. Le conte ajoute aussitôt qu'il est pourtant de haute naissance, et cousin du roi Arthur. On le confia à une nourrice.

Le sort jeté

Sept ans plus tard, la ronce poussa enfin, et le roi prit une nouvelle épouse. Celle-ci voulut marier Culhwch à sa propre fille ; le garçon répondit qu'il était trop jeune. Alors elle prononça sur lui une parole qui l'engageait tout entier : il n'aurait pour femme nulle autre qu'Olwen, la fille du géant Ysbaddaden. À ce seul nom, Culhwch rougit et l'aima, sans l'avoir jamais vue. Son père sourit : « Ce sera facile. Arthur est ton cousin. Va lui demander ce don. »

La porte d'Arthur

Culhwch partit sur un cheval gris pommelé, deux lévriers bondissant autour de lui comme des hirondelles. Devant la cour, le portier Glewlwyd refusa d'ouvrir : le repas était commencé. Culhwch menaça de pousser trois cris qui s'entendraient jusqu'en Irlande. On le laissa entrer. Il réclama son don, Arthur l'accorda, et lui donna six compagnons : Cai, Bedwyr, Cynddylig le guide, Gwrhyr qui parle toutes les langues, Gwalchmai et Menw le magicien.

Le berger et la jeune fille

Ils arrivèrent devant un immense château gardé par un berger, Custennin. C'était le frère d'Ysbaddaden, et le géant lui avait pris ses biens et tué vingt-trois de ses fils. Sa femme cachait le dernier dans un coffre de pierre. Elle leur apprit qu'Olwen venait chez eux chaque samedi laver ses cheveux. On l'envoya chercher. Elle entra : sous ses pas naquirent quatre trèfles blancs. Culhwch la reconnut aussitôt et lui demanda de partir avec lui.

Les tâches impossibles

Olwen refusa de fuir : elle avait promis à son père de ne rien décider sans lui, car sa vie ne durait que jusqu'à ses noces. Elle conseilla à Culhwch d'aller le trouver et de tout accepter. Au château, des serviteurs relevèrent avec des fourches les paupières du géant pour qu'il pût voir son visiteur. Ysbaddaden énuméra alors près de quarante tâches impossibles. À chacune, Culhwch répondit la même phrase tranquille : « Il me sera facile de l'obtenir, même si tu penses le contraire. »

Les plus vieux animaux du monde

Par où commencer ? Par Mabon, fils de Modron, enlevé à sa mère à trois nuits, et dont nul ne savait s'il vivait encore. Gwrhyr, qui parle la langue des bêtes, interrogea le merle de Cilgwri, puis le cerf de Redynfre, puis le hibou de Cwm Cawlwyd, puis l'aigle de Gwern Abwy. Chacun était plus vieux que le précédent, chacun conduisait au suivant. Le dernier mena au saumon de Llyn Llyw, qui savait, lui : Mabon gémissait dans une prison de pierre.

La paix du premier mai

Pour chasser le sanglier, il fallait Gwyn ap Nudd, que Dieu, dit le conte, a placé sur les êtres de l'Annwn. Or Gwyn était en guerre : il avait enlevé Creiddylad, promise à Gwythyr. Arthur alla vers le nord, libéra les prisonniers et fit la paix. Voici son jugement : la jeune fille resterait chez son père, et les deux rivaux se battraient pour elle chaque premier mai, jusqu'à la fin du monde. Le vainqueur du dernier jour l'épouserait.

La chasse du sanglier

Le sanglier Twrch Trwyth vivait en Irlande avec sept jeunes porcs. Arthur le combattit neuf jours et neuf nuits sans lui prendre un seul marcassin. Gwrhyr, changé en oiseau, alla lui parler : la harde ne rendrait rien tant que la bête vivrait. Alors la chasse traversa la mer et parcourut tout le pays de Galles. Beaucoup de guerriers y laissèrent la vie. Au bord de la Severn, Mabon arracha le rasoir, un autre les ciseaux ; le peigne, il faudrait aller le prendre en Cornouailles.

La barbe du géant

Il restait une merveille : le sang de la sorcière Orddu, tout au bout du nord. Arthur s'en chargea lui-même. Alors Culhwch revint au château avec les trésors. On rasa le géant jusqu'à l'os. « Es-tu rasé ? — Je le suis. — Ta fille est-elle à moi ? — Elle l'est. Mais ne m'en remercie pas : remercie Arthur, qui a tout fait. » Sa vie s'acheva, comme il était écrit. Cette nuit-là, Olwen devint l'épouse de Culhwch, et le resta jusqu'à sa mort.

Les fiches de ce récit

Sources

Mythologie celtique — ce texte provient des récits anciens : poèmes, tablettes, textes sacrés. Les lieux, les dates et l'existence des personnages en viennent aussi : ils ne se confondent pas avec ce que l'histoire et l'archéologie ont établi.

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