Récit · Mythes abrahamiques

L'histoire des origines

Livre de la Genèse, chapitres 1 à 11

Avant d'être l'histoire d'une famille, la Genèse est celle de tout le monde : un univers tiré de l'obscurité par une parole, des humains libres de choisir et donc de se tromper, et une humanité qui recommence à chaque catastrophe — jusqu'au jour où un seul homme se met en route.

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Que la lumière soit

Au commencement, il n'y avait rien à regarder : de l'obscurité, et de l'eau sans forme. Alors une voix dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut là. Jour après jour, le ciel se sépara des eaux, la terre sèche apparut, l'herbe poussa, les astres s'allumèrent, les poissons nagèrent, les oiseaux volèrent. Rien n'arriva au hasard : chaque chose vint à son tour. Le sixième jour arrivèrent les humains. Le septième jour, tout s'arrêta : c'était le jour du repos.

Le souffle et le jardin

Le récit repart alors de plus près. Dieu façonna un homme avec la poussière du sol et lui souffla la vie : c'était Adam, dont le nom rappelle la terre. Il l'installa dans un jardin magnifique, l'Éden, qu'un fleuve traversait avant de se partager en quatre rivières. Adam donna un nom à chaque animal, mais il restait seul parmi eux. Alors Dieu lui donna une compagne, Ève. Ensemble, ils vécurent là sans froid, sans faim et sans peur.

L'arbre au milieu du jardin

Dans ce jardin, une seule chose était défendue : les fruits de l'arbre de la connaissance. Un serpent rusé s'approcha d'Ève et lui souffla que ce fruit rendrait aussi savante que Dieu. Elle regarda l'arbre, le trouva beau, goûta, et en donna à Adam. Aussitôt quelque chose changea : pour la première fois, ils eurent honte, et ils se cachèrent. Dieu les appela, et il fallut bien répondre. Ils quittèrent alors le jardin pour le grand monde, où il faudrait travailler la terre.

Deux frères dans un champ

Hors du jardin, Adam et Ève eurent des fils. Caïn cultivait la terre, Abel gardait les troupeaux. Chacun offrit à Dieu un cadeau ; celui d'Abel fut bien reçu, et Caïn devint sombre de jalousie. Dieu le prévint doucement : la colère est tapie à ta porte, mais tu peux rester son maître. Caïn n'écouta pas, et son frère mourut dans les champs. « Où est ton frère ? » demanda Dieu. Et Caïn répondit : « Suis-je le gardien de mon frère ? »

Les longues générations

Puis le récit déroule une longue liste de noms : les enfants des enfants, sur des générations et des générations. Un seul homme y brille autrement : Hénoch, dont on dit qu'il marchait avec Dieu, et qui disparut un jour, emmené là-haut sans mourir. En ce temps-là vivaient aussi les Nephilim, ces géants nés, dit le texte, de la rencontre du ciel et des filles des hommes. Peu à peu, le monde devint dur et violent.

Un homme juste et un grand coffre

Un seul homme resta droit au milieu de tous : Noé. Dieu le prévint et lui confia un travail immense : construire une arche, une énorme caisse de bois à trois étages. Noé obéit sans discuter, pendant que les autres se moquaient de lui. Puis vint le long défilé des animaux, deux par deux, un mâle et une femelle de chaque espèce, avec les graines et la nourriture pour tous. Quand tout le monde fut à l'abri, la porte se referma.

Les eaux, la colombe et l'arc

Alors la pluie tomba comme jamais, quarante jours et quarante nuits. L'eau monta, recouvrit les collines, puis les montagnes ; l'arche flottait au-dessus de tout. Enfin les eaux baissèrent et le bateau se posa sur une montagne. Noé lâcha un corbeau, puis une colombe, qui revint avec une jeune feuille d'olivier dans le bec : la terre repoussait. Tous sortirent. Et Dieu tendit un arc-en-ciel dans le ciel, comme une promesse : plus jamais cela.

Une seule langue, une tour

Après le déluge, les enfants de Noé se répandirent partout. Tous les humains parlaient encore la même langue. Un jour, dans une plaine, ils décidèrent de fabriquer des briques et de bâtir une ville et une tour dont le sommet toucherait le ciel, pour se faire un nom. Dieu descendit voir. Alors, sans détruire personne, il brouilla leurs langues : plus un seul mot compris. Le chantier s'arrêta, et les gens partirent vivre aux quatre coins de la terre.

Et un homme se met en route

L'histoire des origines se termine par une dernière liste de noms, qui descend de Noé jusqu'à une famille d'Ur, en Mésopotamie. Là vivait un homme appelé Abram, avec sa femme Saraï, qui n'avait pas d'enfant. Un jour, ils quittèrent la ville et prirent la route vers l'ouest. Les onze premiers chapitres racontaient le monde entier ; à partir d'ici, tout va tenir dans une seule famille en marche.

Les fiches de ce récit

Sources

Mythes abrahamiques — ce texte provient des récits anciens : poèmes, tablettes, textes sacrés. Les lieux, les dates et l'existence des personnages en viennent aussi : ils ne se confondent pas avec ce que l'histoire et l'archéologie ont établi.

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