Récit · Bouddhisme

La vie du Bouddha

Buddhacarita · Nidānakathā

La vie du Bouddha raconte comment un prince comblé, bouleversé par la souffrance du monde, renonce à tout pour en chercher le remède, s'éveille sous un arbre à une paix que ni la vieillesse, ni la maladie, ni la mort ne peuvent troubler, puis offre ce chemin à tous les êtres.

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Le rêve de la reine Maya

Il y a très longtemps, au pied des grandes montagnes, vivait la reine Maya, épouse du roi Suddhodana. Une nuit, elle fit un rêve merveilleux : un éléphant blanc et doux s'approchait d'elle. Les sages du royaume dirent que ce songe annonçait un enfant extraordinaire. Quelques mois plus tard, dans le beau jardin fleuri de Lumbini, Maya mit au monde son fils. On raconte que le nouveau-né fit quelques pas, et que des fleurs de lotus s'ouvrirent sous ses pieds.

Un prince à l'abri du monde

On appela l'enfant Siddhartha. À sa naissance, un vieux sage vint l'observer et annonça : « Il deviendra un très grand roi, ou bien un très grand sage. » Le roi Suddhodana, lui, voulait un roi. Par amour, il entoura son fils de palais et de jardins, et écarta de sa vue toute peine. Siddhartha grandit ainsi dans le bonheur, sans jamais connaître la moindre tristesse. Mais, au fond de lui, une question paisible attendait son heure.

Yashodhara et le petit Rahula

Devenu jeune homme, Siddhartha épousa la douce princesse Yashodhara. Ils s'aimaient et vécurent heureux au palais. Bientôt, ils eurent un petit garçon, qu'on nomma Rahula. Le prince avait tout : une épouse aimante, un fils, des richesses et de beaux jardins. Pourtant, ce bonheur ressemblait à une belle cage. Derrière les hauts murs, Siddhartha se demandait encore ce qu'était vraiment le monde. Il ne savait pas que sa vie allait bientôt changer pour toujours.

Les quatre rencontres

Un jour, la curiosité l'emporta : Siddhartha voulut sortir du palais. Sur les routes, il fit quatre rencontres qui le bouleversèrent. Il vit d'abord un vieillard courbé, et comprit que chacun vieillit. Il vit un malade, et découvrit que le corps peut souffrir. Il croisa un mort qu'on portait en paix, et apprit que toute vie a une fin. Enfin, il rencontra un sage au visage serein, qui avait tout quitté pour chercher la vérité. Une grande question naquit en lui.

Le Grand Départ

Cette question brûlait désormais dans le cœur de Siddhartha. Une nuit, il prit une décision courageuse. Il regarda une dernière fois, avec tendresse, sa femme et son petit garçon endormis, puis il quitta doucement le palais. Sur son fidèle cheval Kanthaka, guidé par Channa, il s'éloigna dans la nuit. Au bord d'une rivière, il coupa ses longs cheveux de prince et échangea ses habits précieux contre une simple robe. Le prince devenait un chercheur de vérité, libre et sans richesse.

Six années, et l'arbre de l'éveil

Pendant six longues années, Siddhartha chercha la vérité. Il suivit des maîtres, puis s'imposa de terribles privations, mangeant à peine, jusqu'à devenir très faible. Mais il comprit qu'un corps épuisé ne voit pas mieux la vérité qu'un corps gâté de plaisirs : il choisit un chemin d'équilibre, la Voie du Milieu. Une jeune fille, Sujata, lui offrit un bol de riz au lait qui lui rendit ses forces. Alors il s'assit sous un grand et bel arbre, et fit une promesse.

Mara, au seuil de l'éveil

La nuit venue, une figure vint le troubler : Mara. On peut le voir comme la voix du doute et du désir, celle qui murmure : « Arrête, ce n'est pas pour toi. » Mara essaya d'abord de lui faire peur, mais Siddhartha resta parfaitement calme. Il envoya de belles images pour le distraire, mais Siddhartha ne s'y attacha pas. Enfin Mara demanda : « Qui te dit que tu mérites l'éveil ? » Alors Siddhartha toucha simplement la terre, et la terre témoigna pour lui.

L'Éveil sous l'arbre

Le doute apaisé, Siddhartha entra dans une méditation profonde. Peu à peu, dans le silence de la nuit, une grande clarté s'ouvrit en lui. Il comprit d'où vient la souffrance des êtres, et comment on peut s'en libérer. Au petit matin, en regardant briller l'étoile du jour, il s'éveilla tout à fait. Il n'était plus seulement le prince Siddhartha : il devenait le Bouddha, « l'Éveillé ». Un sourire de paix éclairait son visage, et son cœur débordait de compassion pour tous les êtres.

La roue du Dharma

Le Bouddha se demanda s'il pourrait partager ce qu'il avait compris, tant cela semblait difficile à dire. Puis, par compassion, il décida d'essayer. Il se rendit dans un parc aux daims, près de Bénarès, et y retrouva cinq compagnons de sa quête. Là, il donna son tout premier enseignement. Il leur parla de la Voie du Milieu, ni trop dure ni trop facile, et des grandes vérités sur la souffrance et sur la paix. Ce jour-là, dit-on, il mit en mouvement la roue du Dharma.

Ananda, gardien de la parole

Pendant plus de quarante ans, le Bouddha parcourut les routes et enseigna à d'innombrables disciples. Parmi eux, son cousin Ananda devint son plus proche compagnon. Pendant vingt-cinq ans, il l'accompagna partout, prit soin de lui avec tendresse et écouta chacune de ses paroles. Ananda avait une mémoire extraordinaire : il retenait tout, sans en oublier une miette. C'est lui, aussi, qui demanda avec courage que les femmes puissent entrer dans la communauté. Grâce à lui, la parole du Bouddha ne serait jamais perdue.

Le Parinirvana

Devenu très âgé, le Bouddha sentit approcher le temps de quitter ce monde. Il arriva, avec ses compagnons, en un lieu paisible, entre deux grands arbres. Là, il s'allongea doucement sur le côté droit, calme et serein. Il donna un dernier conseil à ses disciples réunis : « Toutes les choses changent et passent ; avancez sur le chemin avec courage. » Puis il entra dans une paix parfaite, libéré à jamais du cycle des vies. On raconte que les arbres se couvrirent alors de fleurs.

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Sources

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