Récit · Grèce

L'Odyssée

Homère, l'Odyssée

Dix ans pour rentrer chez soi : le voyage d'un homme aux mille ruses que les dieux se disputent, entre monstres et tempêtes, jusqu'à retrouver son île, son fils et son épouse.

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Ithaque, une maison assiégée

Notre histoire commence sur une petite île, Ithaque, dans le palais d'un roi absent. Depuis vingt ans, Ulysse n'est pas revenu : d'abord la guerre de Troie, puis un long voyage. Son épouse, la reine Pénélope, l'attend toujours. Mais des hommes se sont installés chez elle, les prétendants : ils mangent ses provisions et veulent tous l'épouser. Rusée comme son mari, Pénélope promet de choisir dès qu'elle aura fini de tisser un grand voile — et, chaque nuit, en secret, elle défait son ouvrage.

Télémaque part chercher son père

Dans ce palais grandit un jeune homme : Télémaque, le fils d'Ulysse. Il n'était qu'un bébé quand son père partit à la guerre, et il souffre de voir les prétendants tout gâcher. La déesse Athéna vient lui souffler du courage : « Prends la mer, cherche des nouvelles de ton père. » Télémaque s'en va questionner les vieux rois : d'abord Nestor, puis Ménélas et la belle Hélène. Et là, enfin, une nouvelle merveilleuse : Ulysse est vivant ! Une nymphe le retient prisonnier, très loin sur la mer.

Retour en arrière : la fin de Troie

Mais qu'est-il arrivé à Ulysse, pendant tout ce temps ? Il faut remonter en arrière, jusqu'à la fin de la guerre de Troie. La ville tombe grâce à la ruse du cheval de bois, et Ulysse repart vers Ithaque avec ses bateaux. Là-haut, les dieux se disputent son sort : Poséidon, le dieu de la mer, lui en veut ; Athéna le protège. La route commence mal : ses marins pillent une ville, puis abordent le pays des Lotophages, où une fleur magique fait tout oublier. Ulysse doit les ramener de force au bateau.

Le Cyclope Polyphème

Sur sa route, Ulysse aborda l'île des Cyclopes, des géants à un seul œil. Avec ses hommes, il entra dans la caverne de Polyphème, fils de Poséidon. Le géant les enferma et dévora plusieurs marins ! Ulysse eut alors une idée : il fit boire du vin au Cyclope, dit s'appeler « Personne », puis, quand le géant dormit, il lui creva son œil unique avec un pieu brûlant. « Personne me tue ! » hurla Polyphème. Les autres Cyclopes, croyant qu'il n'avait rien, ne vinrent pas.

Éole, et les géants Lestrygons

Déjà sur son bateau, Ulysse ne put s'empêcher de crier son vrai nom au Cyclope aveuglé : « C'est Ulysse d'Ithaque ! » Fou de douleur, Polyphème pria son père Poséidon de le venger. Plus tard, Ulysse arriva chez Éole, le maître des vents. Éole enferma tous les vents mauvais dans une outre de cuir et n'en laissa qu'un pour le ramener. On voyait déjà Ithaque ! Mais les marins, curieux, ouvrirent l'outre pendant qu'Ulysse dormait, et les vents rejetèrent tout le monde très loin. Pire encore : des géants, les Lestrygons, écrasèrent presque tous les bateaux.

Circé et le pays des morts

Le voyage continua, plus dur encore. Ulysse aborda l'île de la magicienne Circé. Elle offrit un festin à ses hommes, puis les changea en cochons d'un coup de baguette ! Grâce à une herbe magique donnée par le dieu Hermès, Ulysse résista et la força à leur rendre forme humaine. Devenue son amie, Circé les garda un an. Avant de les laisser partir, elle envoya Ulysse au pays des morts pour interroger un vieux devin, Tirésias, qui lui expliqua comment rentrer. Là, Ulysse revit même l'ombre de sa mère.

Les Sirènes, le gouffre et les vaches du Soleil

Circé avait prévenu Ulysse des dangers à venir. D'abord les Sirènes : elles chantent si joliment que les marins, ensorcelés, vont se briser sur les rochers. Ulysse boucha les oreilles de ses hommes avec de la cire et se fit attacher au mât pour écouter sans mourir. Puis on passa entre deux monstres, Scylla et Charybde. Enfin, sur une île, ses marins affamés mangèrent les vaches sacrées du Soleil, malgré l'interdiction. Zeus, en colère, envoya la foudre : le bateau coula, et Ulysse resta seul survivant.

Calypso, sept ans de larmes

Porté par les flots, Ulysse échoua sur l'île de Calypso, une belle nymphe. Elle le recueillit et tomba amoureuse de lui. Elle voulut le garder pour toujours et lui promit même de ne jamais vieillir ni mourir s'il restait. Mais Ulysse, chaque jour, s'asseyait au bord de la mer et pleurait : il voulait revoir Ithaque, sa femme et son fils. Au bout de sept ans, Athéna supplia Zeus. Le roi des dieux envoya Hermès ordonner à Calypso de laisser partir Ulysse. À contrecœur, elle obéit.

Nausicaa et les Phéaciens

À peine reparti, Ulysse essuya une dernière tempête de Poséidon : son radeau se brisa. Il nagea, épuisé, jusqu'à une plage inconnue. Là, une jeune princesse, Nausicaa, était venue laver du linge avec ses servantes. Au lieu d'avoir peur de cet homme nu et couvert de sel, elle lui donna des vêtements et le conduisit au palais de son père, roi des Phéaciens. On l'accueillit, on le nourrit, et Ulysse raconta enfin tout son voyage. Émus, les Phéaciens lui offrirent un navire pour le ramener chez lui.

Le retour secret : Eumée et Télémaque

Enfin, après vingt ans, Ulysse toucha le sol d'Ithaque. Mais son palais était plein d'ennemis : il ne pouvait pas se montrer. Athéna le déguisa en vieux mendiant. Il alla d'abord chez Eumée, son porcher, un serviteur resté fidèle. Sans reconnaître son roi, Eumée le nourrit et parla d'Ulysse avec amour. C'est là que revint Télémaque. Quand ils furent seuls, Ulysse reprit son vrai visage : « Je suis ton père. » Le fils, en larmes, embrassa le héros, et ensemble ils préparèrent leur vengeance.

L'arc, et le secret du lit

Pénélope, à bout de patience, annonça une épreuve : elle épouserait celui qui tendrait le grand arc d'Ulysse et tirerait à travers douze haches. Aucun prétendant n'y parvint. Alors le vieux mendiant demanda l'arc. En un geste, il le banda et transperça les douze haches ! C'était Ulysse. Avec Télémaque, il châtia les prétendants. Pénélope, prudente, voulut être sûre : elle parla de leur lit. Ulysse révéla son secret : ce lit était taillé dans un olivier vivant, impossible à déplacer. Alors, enfin, elle le reconnut, et ils s'embrassèrent.

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Sources

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