Récit · Monde aztèque

Quetzalcóatl, père des hommes

Légende des Soleils

Pour peupler le monde neuf, Quetzalcóatl descend chercher les os des morts et les arrose de son propre sang, puis dérobe le maïs pour nourrir les hommes : la vie est un don reçu des dieux, qu'il faut rendre à son tour.

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Un monde neuf, mais vide d'hommes

Le monde venait de renaître sous le cinquième Soleil, mais il était vide : aucun homme ne l'habitait. Les dieux se réunirent et se demandèrent comment créer un nouveau peuple. Ils choisirent Quetzalcóatl, le Serpent à plumes, dieu du vent et du savoir, doux et bienveillant. C'est lui qui accepta la tâche la plus difficile : descendre au pays des morts pour y chercher les os des humains d'autrefois, afin d'en façonner les hommes d'aujourd'hui.

La descente au Mictlan

Pour ce voyage, Quetzalcóatl ne partit pas seul : son jumeau, le dieu-chien Xolotl, l'accompagna dans l'obscurité. Ensemble, ils descendirent au Mictlan, le royaume souterrain des morts, tout au fond du monde. Le chien, chez les Aztèques, est l'animal qui n'a pas peur du noir et retrouve toujours son chemin : nul guide n'était plus sûr pour un tel voyage. Ils marchèrent d'étage en étage, jusqu'au trône de Mictlantecuhtli, le seigneur des morts, pour lui demander les os des anciens.

Les épreuves du seigneur des morts

Mictlantecuhtli, le seigneur du Mictlan, n'était pas un dieu méchant, mais il aimait jouer des tours. Il accepta de céder les os, à condition que Quetzalcóatl réussisse une épreuve : faire résonner une conque, puis en faire quatre fois le tour de son royaume. Or la conque n'avait pas de trous. Quetzalcóatl appela alors les vers, qui la percèrent, et les abeilles, qui la firent bourdonner. Le maître des morts, voyant la ruse, changea d'avis et voulut reprendre les os.

Les os brisés et le sang des dieux

Quetzalcóatl s'enfuit en emportant les os. Mais dans sa hâte, une caille l'effraya : il trébucha, tomba, et les os se brisèrent en morceaux inégaux. Voilà pourquoi, dit-on, les gens ne sont pas tous de la même taille ! Il ramassa les fragments et remonta jusqu'à Tamoanchan. Là, une déesse moulut les os comme du maïs, dans un vase précieux. Quetzalcóatl y ajouta quelques gouttes de son propre sang, et les premiers hommes du monde nouveau prirent vie.

Le don du maïs

Les premiers hommes avaient faim : ils ne savaient que manger. Quetzalcóatl remarqua une fourmi rouge qui portait un grain de maïs. « Où l'as-tu pris ? » lui demanda-t-il. La fourmi finit par le guider vers Tonacatépetl, la « montagne des vivres », pleine de graines. Comme l'entrée était minuscule, Quetzalcóatl se changea lui-même en petite fourmi noire et se glissa à l'intérieur. Grain par grain, il rapporta le maïs et le posa sur les lèvres des hommes, qui reprirent des forces. Depuis, le maïs fait vivre les peuples.

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