Récit · Mythes abrahamiques
Les Évangiles
Les quatre Évangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean)
Les Évangiles racontent une vie qui commence dans une mangeoire et s'achève devant un tombeau ouvert : celle d'un homme qui met sans cesse les derniers à la première place — et c'est autour de lui que le grand récit venu d'Abraham se sépare en trois bras.
9 chapitres11 fiches liées
Écouter ce récit dans l'application
L'annonce à Marie
Tout commença par une visite. Dans un village de Galilée nommé Nazareth, une jeune femme, Marie, reçut un messager du ciel : l'ange Gabriel. Il la salua et lui dit, comme toujours : « N'aie pas peur. » Puis il lui annonça qu'elle mettrait au monde un fils, et qu'elle l'appellerait Jésus. Marie s'étonna, demanda comment cela se pouvait, puis répondit simplement oui. Son fiancé Joseph, un charpentier, accepta lui aussi, averti en rêve. Personne au village ne se doutait de rien.
La nuit de Bethléem
Un recensement obligea Joseph et Marie à se rendre à Bethléem, la ville de leurs ancêtres. Quand ils arrivèrent, il n'y avait plus de place pour eux. C'est là que Marie mit son enfant au monde : elle l'enveloppa de linges et le coucha dans une mangeoire, l'auge où mangent les bêtes. Dans les champs voisins, des bergers veillaient sur leurs troupeaux ; une lumière les entoura et une voix leur annonça la nouvelle. Ils accoururent, et trouvèrent le bébé comme on le leur avait dit.
Au bord du Jourdain
L'enfant grandit à Nazareth, et le récit saute d'un coup à ses trente ans. Au bord du fleuve Jourdain, un homme du désert, vêtu de peau de bête, appelait les gens à changer de vie et les plongeait dans l'eau : c'était Jean, qu'on appelle le Baptiste. Il répétait qu'un plus grand que lui arrivait et qu'il ne faisait que préparer le chemin. Un jour, Jésus s'avança dans la file et demanda, lui aussi, à être plongé dans le fleuve.
Quarante jours au désert
Aussitôt après, Jésus s'en alla seul dans le désert. Il y resta quarante jours sans manger, parmi les bêtes sauvages. C'est là que le tentateur vint lui parler. Il lui proposa trois choses faciles : changer les pierres en pain, se jeter du haut du Temple pour se faire admirer, régner sur tous les royaumes de la terre. Trois fois, Jésus refusa, sans discuter longtemps. Puis il revint en Galilée, et se mit à parler aux gens.
« Suivez-moi »
Au bord du lac de Galilée, Jésus vit deux frères qui jetaient leurs filets, Simon et André. Il leur dit : « Suivez-moi. » Ils laissèrent tout et le suivirent. Un peu plus loin, deux autres frères, Jacques et Jean, quittèrent leur barque et leur père. Il appela même un collecteur d'impôts, Matthieu, que personne n'aimait. Bientôt ils furent douze à marcher avec lui, et il les envoya deux par deux dans les villages.
Le royaume, les paraboles et les guérisons
Pendant des mois, Jésus marcha de village en village. Il ne faisait pas de longs discours : il racontait de petites histoires, les paraboles. Un berger qui laisse tout pour chercher une seule brebis perdue. Une graine minuscule qui devient un grand arbre. Un père qui court au-devant de son fils parti trop loin. Il guérissait des malades, partagea quelques pains avec une foule entière, s'asseyait avec ceux que personne n'invite. Et il répétait : aimez-vous, et pardonnez.
La montée à Jérusalem
Puis Jésus décida de monter à Jérusalem pour la fête de la Pâque. On l'accueillit avec des branches, mais dans la ville ses paroles inquiétèrent les puissants. Le jeudi soir, il partagea un dernier repas avec les douze. Il se leva et lava leurs pieds, comme un serviteur. Il rompit le pain, fit passer une coupe, leur demanda de refaire ce geste en pensant à lui. Puis il annonça, tout triste, que l'un d'eux allait le livrer.
La croix et le tombeau vide
Jésus fut arrêté de nuit, jugé, puis livré au gouverneur romain Ponce Pilate, qui le condamna. On le cloua sur une croix, hors de la ville, entre deux condamnés. Jusqu'au bout il pardonna. Ses amis déposèrent son corps dans un tombeau creusé dans le roc et roulèrent une grosse pierre devant l'entrée. Deux jours plus tard, très tôt, des femmes vinrent et trouvèrent la pierre écartée : le tombeau était vide. Ce sont elles qui, les premières, portèrent la nouvelle.
Là où le fleuve se sépare
Ici, la même vie continue de trois façons. Dans la tradition chrétienne, Jésus est le messie attendu, mort et relevé, et ses amis partent l'annoncer partout. Dans la tradition juive, le messie n'est pas encore venu : on l'espère toujours, et son temps sera un temps de paix. Dans la tradition musulmane, Îsâ est un très grand prophète, qui n'a pas été crucifié mais élevé vivant auprès de Dieu. Trois bras différents, une même source.
Les fiches de ce récit
- GabrielL'ange qui annonce les grandes nouvelles
- MarieMarie, Maryam : la mère de Jésus, très honorée
- La NativitéLa naissance de Jésus, la mangeoire et l'étoile
- Jean le BaptisteJean, Yahyâ : celui qui annonce, au bord du Jourdain
- SatanCelui qui refusa de s'incliner
- Les douze apôtresLes douze compagnons appelés puis envoyés
- JésusJésus, Îsâ de Nazareth : la figure au cœur du carrefour
- La CèneLe dernier repas de Jésus, le pain et le vin
- La croix et le tombeau videLe bras où Jésus meurt puis où le tombeau est trouvé vide
- Le messieL'envoyé attendu, là où le fleuve se sépare
- Le messie encore attenduLe bras où l'envoyé n'est pas encore venu, et qu'on espère
Sources
- Les quatre Évangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean)
- Wikipédia — Jésus de Nazareth
- Wikipédia — Nativité de Jésus
- Coran, sourate 4 (an-Nisâ'), 157-158 — Îsâ n'a été ni tué ni crucifié
Mythes abrahamiques — ce texte provient des récits anciens : poèmes, tablettes, textes sacrés. Les lieux, les dates et l'existence des personnages en viennent aussi : ils ne se confondent pas avec ce que l'histoire et l'archéologie ont établi.