Récit · Monde nordique

La lignée des Völsungs

Saga des Völsungs

D'un ancêtre né d'Odin à Sigurd le tueur de dragon, la lignée des Völsungs traverse les trahisons et les deuils sans jamais plier : le courage et la fidélité s'y transmettent comme un sang, de génération en génération.

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Völsung et l'arbre du palais

Völsung fut le grand ancêtre dont toute une lignée de héros prit le nom : les Völsungs. Devenu roi, il fit bâtir une immense salle autour d'un arbre magnifique, le Barnstokkr, dont le tronc s'élevait en plein cœur du palais. Il eut de nombreux fils vaillants et une fille, Signý. Le jour des noces de Signý, un vieil étranger borgne entra dans la salle et planta une épée dans l'arbre, en déclarant qu'elle reviendrait à qui saurait l'arracher. Ce vieillard était Odin lui-même.

L'épée pour Sigmund

Tous les invités s'essayèrent à retirer l'épée du tronc, mais nul n'y parvint. Seul Sigmund, le fils de Völsung, la tira sans effort, comme si elle l'attendait. Le roi Siggeir, jaloux, offrit en vain de la lui racheter. Blessé dans son orgueil, il attira plus tard Völsung et ses fils dans un piège. Le vieux roi tomba les armes à la main, fidèle jusqu'au bout, et ses fils furent capturés. Sigmund seul en réchappa, caché dans les bois par sa sœur Signý.

Signý, fidèle jusqu'au feu

Mariée contre son gré au roi Siggeir, Signý avait pressenti sa traîtrise et tenté d'avertir son père et ses frères. Après le désastre, il ne lui resta plus qu'un but : que justice soit rendue aux Völsungs. Avec courage et ruse, elle sauva Sigmund, le cacha, et prépara de longue date celui qui l'aiderait à accomplir la vengeance. Quand enfin le palais de Siggeir fut vengé, Signý révéla tout ce qu'elle avait fait pour ce jour. Ayant vécu pour cela seul, elle choisit de disparaître avec sa famille.

Sinfjötli, le guerrier-loup

Pour mener sa vengeance, Sigmund fut aidé par un jeune guerrier au courage sans faille : Sinfjötli. Tous deux vivaient cachés dans la forêt. Un jour, ils y trouvèrent des peaux de loup magiques : en les revêtant, ils prenaient pour un temps l'allure et la force des loups. Ainsi aguerri, Sinfjötli aida Sigmund à châtier le roi Siggeir, dont le palais finit dans les flammes. Devenu un guerrier renommé, il connut plus tard une fin prématurée, empoisonné par jalousie ; on dit qu'Odin en personne vint chercher son corps.

Sigurd et le dragon

Redevenu roi, Sigmund tomba dans un dernier combat : un guerrier au grand chapeau surgit face à lui, et l'épée du héros se brisa contre sa lance. C'était encore Odin. Mourant, Sigmund confia les morceaux de sa lame à son épouse, en annonçant que leur fils la reforgerait. Cet enfant fut Sigurd. Élevé par le forgeron Regin, Sigurd reforgea l'épée, nommée Gram, puis affronta le dragon Fafnir qui veillait sur un trésor. Caché dans une fosse, il le frappa au cœur, et emporta l'or... et sa malédiction.

Brynhild, la valkyrie

Sur son chemin, Sigurd trouva une guerrière endormie derrière un rempart de flammes : Brynhild, une ancienne valkyrie qu'Odin avait punie d'un profond sommeil. Sigurd franchit le feu sans crainte et la réveilla. Ils s'aimèrent et se promirent l'un à l'autre. Mais, à la cour du roi Gunnar, on fit boire à Sigurd un breuvage d'oubli : il épousa Gudrun, la sœur de Gunnar. Pire, par magie, il reprit les traits de Gunnar pour conquérir Brynhild à sa place. Quand la ruse éclata, Brynhild, trahie, exigea la mort de Sigurd.

Gudrun, le cœur brisé

Gudrun aimait Sigurd de tout son cœur, et leur bonheur avait été grand. Mais quand il fut tué, à cause des serments trahis autour de Brynhild, elle resta d'abord muette de douleur, incapable même de pleurer, jusqu'à ce que les larmes enfin la délivrent. Veuve, elle fut ensuite mariée contre son gré au puissant roi Atli. D'autres épreuves l'attendaient encore. Pourtant, à travers tous ces malheurs, Gudrun ne se brisa jamais tout à fait : elle demeure la figure la plus émouvante de toute la légende des Völsungs.

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Sources

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